
J’ai grandi en région parisienne, dans le Val de Marne, à L’Haÿ Les Roses, entourée de mes parents et de ma (petite) soeur.
Je rêvais d’être ostéopathe équin.
Ne me demandez pas pourquoi.
Mais ça ne se passera pas comme ça.
Collège en ZEP (zone d’éducation prioritaire), prof de physique chimie et de maths complètement dépassés et plus occupés à gérer la discipline dans la classe que d’avancer sur le programme.
Résultat, en arrivant au lycée je suis dans les choux dans les matières scientifiques, compliqué d’envisager un BAC S.
BAC ES, classe préparatoire au diplôme de comptabilité gestion, la voie royale vers l’expertise comptable.
Le niveau est haut, les exigences élevées, je ne suis pas la meilleure (et ça c’est dur à digérer) mais je m’accroche.
Ça va aller.

Mais très vite, le deuxième grain de sable vient se glisser dans la machine.
Un stage en cabinet comptable qui ne se passe pas comme je l’avais imaginé et qui me fait prendre conscience que ce n’est pas dans cette direction que je veux aller.
Je vais devoir aller là où on ne m’attendais pas.
Fini de se contenter de la théorie j’ai besoin de concret.
Pendant 2 ans, je n’apprends rien ou presque sur les bancs de l’école.
Mes camarades viennent d’horizons si différents, certains ne parlent pas français.
Le niveau est relativement faible mais mes expériences en entreprise dans des petites et plus grosses structures me donnent le sentiment d’avancer.

Trop de process, trop d’intermédiaires, une équipe dans laquelle je ne me sens pas à ma place, ce n’est pas comme ça que j’ai envie de débuter ma carrière.
Des centaines de candidatures plus tard, je décroche un entretien dans une caisse de retraite de profession libérale.
Une création de poste dans une petite structure où il y a tout à faire.
Le salaire n’est pas à la hauteur de ce qu’on nous avait promis à la sortie de l’école mais j’ai envie de relever le challenge car je sens qu’il y a quelque chose à y faire.
14 octobre 2013, c’est le premier jour de ma nouvelle vie.
J’ai 22 ans et je me retrouve assise seule à un bureau avec 20 feuilles à lire et tout un dispositif d’audit et de contrôle interne à mettre en place au milieu de salariés avec un petit côté dinosaure qui n’ont qu’une envie : ne rien changer.
Glurps.
Alors jour après jour, sans faire trop de vagues je vais faire mon trou en mettant mon nez un peu partout.
Je n’ai qu’un objectif : valoriser le travail fait par mes collègues et faciliter leur quotidien.
Les mois passent, je suis appréciée par mes collègues, par ma direction, je suis régulièrement augmentée.
Tout va pour le mieux.
Je termine de rembourser mon prêt étudiant (toujours faire les choses bien dans l’ordre) puis je pars de chez mes parents en achetant directement un appartement avec mon amoureux-futur-mari.
Mes parents ont toujours été locataires, classe moyenne, salaire médian.
Les siens toujours propriétaires, cadre sup, salaires élevés.
2 mondes, 2 manières de penser, 2 manières de vivre mais puisque c’est ce qui semble être la clé de la réussite j’y vais.
L’ascenseur social m’a emmené haut.
J’ai de quoi être fière non ?


L’appel de la province est tentant.
Il décroche le poste et en quelques semaines il est parti.
C’est dur mais c’est ce qui est raisonnable.
On y croit.
Mais je ne trouve pas de postes sur Bordeaux.
C’est la douche froide.
Merde.
C’est tellement dur que je suis prête à démissionner.
Alors il finit par me proposer un compromis.
Et si je faisais du télétravail (on est en 2016 et je travaille pour une caisse de retraite, il faut mesurer à quel point cette proposition est lunaire).
Au final ça va durer 3 ans.
On me crée un nouveau poste (souvenez vous que j’avais recruté et formé mon successeur dans la perspective de mon départ).
Le rythme est intense (coucou les réveils à 5h pour prendre le TGV) mais on est plutôt pas mal au final.



C’est tellement frustrant pour moi de voir d’un côté toutes ces familles qui auraient besoin d’être accompagnées, chouchoutées et de l’autre toutes ces pros de la parentalité qui ont tant à offrir.
Faire en sorte que les pros de la parentalité puissent apprendre à parler de leurs services pour donner envie aux familles de faire appel à elles !



